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mardi 23 novembre 2010

Le travail de la tôle de plus en plus polyvalent

Le travail de la tôle


Plus faciles à piloter et plus économiques, les machines améliorent leur flexibilité. Grâce, entre autres, à l’usinage multifonction et à la mise en œuvre de solutions plus compactes. Comme le laser à fibre.
Les fournisseurs de solutions pour le travail de la tôle reprennent leur souffle après la sévère crise qui les a fortement secoués en 2009. La preuve : l’effervescence qu’a connue le salon EuroBlech 2010, le plus important rendez-vous mondial du domaine, organisé fin octobre à Hanovre (Allemagne). Présente dans la quasi-totalité de domaines industriels, de l’automobile à l’aéronautique en passant par le médical et l’électroménager, la tôlerie est un bon baromètre de la santé de l’industrie et de ses perspectives de croissance. Signe encourageant : les constructeurs d’équipements proposent une foule d’innovations qui ont comme maîtres mots l’amélioration de la polyvalence et la réduction des coûts ainsi que la facilité de pilotage des machines.
Ainsi, l’association de plusieurs procédés de tôlerie, comme le mariage de la découpe avec le formage, sur une seule machine se généralise.
Visant de nombreux domaines d’application, les équipements de Bihler illustrent cette évolution. L’entreprise familiale allemande propose deux équipements polyvalents innovants. Destinée à la fabrication unitaire, celle de prototypes ou de petites séries, la Biflex est une machine laser capable de découper et de former les pièces. Le laser remplace ici la presse de découpe ce qui améliore la précision d’usinage. Elle peut être équipée, en fonction de l’application, de sources laser Trumpf différentes. L’utilisateur peut choisir entre le laser à fibre TruFiber 300 - très compact il est adapté aux usinages de haute précision -, le laser à disque TruDisk 1000 pour les fabrications précises et productives ou le laser Yag HL101P pour l’usinage de matériaux différents (aciers alliés ou non, métaux non ferreux, etc.) avec des épaisseurs jusqu’à 5 mm. A remarquer également, la commande numérique maison VC1 de la machine, un vrai bijou technologique  qui automatise la programmation des usinages. Les paramètres de découpe comme la vitesse et la puissance du laser sont prédéfinis pour faciliter la tâche de l’opérateur. De plus, ils sont adaptés en fonction du type de laser et du matériau à usiner. Nouvelle aussi dans la gamme de Bihler, la Bimeric BM 1500 fabrique et assemble les pièces. Sa modularité permet à l’utilisateur de construire une solution sur mesure. Découpe, formage, soudage, taraudage, vissage, mesurage, assemblage… les unités de production s’installent rapidement et permet à l’équipement de s’adapter aux besoins.
Même souci de flexibilité et de productivité chez Trumpf. La cellule TruLaser Cell Series 7000 du géant allemand soude et découpe les pièces en 2D ou 3D. Dotée d’une source laser à disque TruDisk de 3 kW, elle améliore la productivité. Une station double de chargement/déchargement des pièces, qui équipera à partir du printemps prochain la cellule, améliorera encore sa flexibilité. L’élimination de déchets d’usinage est un autre souci du fabricant de Ditzingen. Source d’économie pour l’utilisateur, son système de poinçonnage sans squelette qui équipe sa TruPunch est unique sur le marché. Une solution qui rend superflu le recours à un opérateur, nécessaire d’habitude pour retirer le squelette (ce qui reste du flan après l’usinage des pièces).
Plus compact, mettant en œuvre un faisceau à forte densité énergétique, le laser à fibre de haute puissance améliore également la précision d’usinage. Il permet la découpe des matériaux hautement réfléchissants comme l’aluminium. Ajoutons la possibilité de partager sa puissance entre plusieurs machines et une faible consommation électrique. Ce sont sans doute les principales raison techniques de sa généralisation dans le domaine de la découpe. Après Salvagnini, premier à installer en 2008 une source IPG de 2 kW sur sa machine de découpe laser, cette solution est adoptée par d’autres constructeurs. Comme Bystronic, Amada ou Prima Industrie. LVD y pense également et compte mettre sur le marché un tel équipement l’année prochaine. Confiant dans cette solution, Amada a même mis au point sa propre source laser à fibre en collaboration avec la société américaine JDSU, un spécialiste de composants optiques. Baptisée AFL pour Amada fiber laser, elle comporte sept modules de 600 W, soit une puissance totale de 4,2 kW, la plus forte du marché. Le constructeur japonais espère vendre au monde en 2011 une cinquantaine de machines de découpe FOL-F équipées de cette source. Un équipement rapide qui permet des vitesses de coupe de 60 m/min dans des tôles d’inox de 1 mm d’épaisseur. Ce qui permet selon les spécialistes du constructeur japonais, des temps de production de 2,5 à 3 fois plus courts que dans le cas des procédés traditionnels.
Salvagnini a intégrée sa machine, dotée d’une source laser à fibre IPG de 3 kW, dans son système flexible de découpe/formage qui permet de terminer la pièce.
Seuls absents dans cette liste, pour le moment du moins, Trumpf et Yamazaki Mazak Optonics. Le premier trouve plus intéressant, technologiquement parlant, d’installer son laser à fibre TruFiber 300 dans les applications qui nécessitent une puissance plus basse (jusqu’à 800 W) et de réserver au soudage ou à la découpe ses sources à disques TruDisk dont la puissance peut aller jusqu’à 16 kW. Quant à Yamazaki Mazak Optonics, il préfère toujours la bonne vieille solution CO2 qui équipe sa dernière née, la Super Turbo-X Mk III RTC. Ses raisons : les sources CO2 son mieux maîtrisées que le laser à fibre, trop jeune, et qui n’a pas, pour les hautes puissances, qu’un seul fournisseur sur le marché (IPG). Extrêmement flexible, cette machine respecte la devise du constructeur japonais :« Fabriquer tout sur une seule machine. » La  Super Turbo-X Mk III RTC peut usiner aussi bien des tôles que des tubes voire des pièces en 3D. Des performances autorisées par une conception originale, avec une course sur l’axe Z plus importante que sur les modèles précédents. Moyennant quoi, l’équipement améliore selon le fabricant, de 40% les capacités et de 30 % la vitesse d’usinage par rapport aux solutions classiques.
La flexibilité et la productivité ne s’améliore pas que dans le domaine de machines de découpe de la tôle. Un exemple : Dimeco, le spécialiste des alimentations de presses automatiques propose les Flexilines. Conçues pour le formage sur mesure des métaux en bobine, ces lignes flexibles de formage assurent des opérations de profilage, poinçonnage ou pliage. Le fabricant français propose une alimentation de tôle en bobine, la Servoreel, qui récupère l’énergie de freinage et la réinjecte dans le réseau électrique de l’usine.
Enfin, le futur est déjà dans la pointe de mire de constructeurs. Premier à avoir installé un robot pour alimenter une presse plieuse, Amada prospecte maintenant d’autres voies avec son « concept machine », la cellule Astro Ci. En mettant devant sa presse plieuseFMB 3613 III un robot maison à deux bras, le premier robot de pliage Androïde, Amada démontre que l’on pourra se passer dans certains cas, de l’opérateur. Cette approche anthropomorphique convient en effet, au traitement de très petites pièces, extrêmement précises et dangereuses à réaliser par un opérateur humain. Une application très prisée dans des secteurs comme l’électronique, le médical, la défense, les télécommunications. Un développement à suivre…
Mirel Scherer