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mardi 21 décembre 2010

EAU : UN PROCÉDÉ DE DESSALEMENT À BAS COÛT

Oasys Water a développé une nouvelle solution pour dessaler l'eau. Elle associe les procédés thermique et d'osmose inverse. La société prévoit un pilote en 2011.


Commercialisation fin 2011Le britannique Oasys Water a développé un nouveau procédé de dessalement de l'eau, rapporte le Technology Review, magazine du Massachusetts institute of technology (MIT). Un pilote est prévu pour 2011 pour un début de commercialisation dans un an.

Réduire les coûts

La technologie Oasys combine osmose inverse et procédé thermique pour réduire les coûts de dessalement. Le principe : d'un côté d'une membrane, se trouve de l'eau de mer. De l'autre, une solution contenant de fortes concentrations de dioxyde de carbone et d'ammonique. L'eau de mer migre vers cette solution. Au passage, la membrane bloque les particules de sel et impuretés. Le mélange obtenu est chauffé. Ammoniaque et CO2 s'évaporent, laissant à disposition une eau dessalée. 

Dix fois moins d'électricité

Selon ses inventeurs, cette technique consomme moins d'énergie que dans le procédé thermique classique. Celui-ci consiste à chauffer l'eau de mer entre 70 et 100°C pour en récupérer le sel. Ici, le mélange (avec le CO2 et l'ammoniaque) n'est chauffé qu'entre 40 et 50°C. De même, toujours selon Oasys, leur procédé est moins énergivore que l'osmose inverse (dix fois moins d'électricité consommée). L'osmose inverse requiert en effet de très fortes pressions pour forcer le passage dans la membrane. Ici, la migration se fait plus "naturellement" grâce aux différences de composition des deux solutions de part et d'autre.

Thomas Blosseville

LES RÉSEAUX D'EAU PILOTABLES À DISTANCE

Hydrelis a sorti une nouvelle gamme de "disjoncteur d'eau". Le but est d'automatiser le pilotage des réseaux d'eau. Dernière nouveauté : le disjoncteur est téléopérable.





Un disjoncteur autonome en énergieComme le disjoncteur électrique, mais pour l'eau. Hydrelis a conçu un disjoncteur pour contrôler les flux d'eau. Son produitClip-flow est désormais actionnable à distance grâce à une liaison Ethernet ou GPRS.

Des piles au lithium
Principale différence avec son alter ego électrique, Clip-flow sert à piloter l'eau... "et n'aime donc pas l'électricité", souligne Thierry Sartorius, président d'Hydrelis. Pour y remédier, sa société a développé une électronique à ultra faible consommation : "moins qu'une montre à quartz", assure-t-il. "Avec ses piles au lithium, notre disjoncteur d'eau peut fonctionner pendant 10 à 15 ans". 

Fonctions automatiques

L'objectif est de l'associer à une vanne Switch-flow. Elle-aussi conçue par Hydrelis et autonome en énergie. L'idée est d'automatiser certaines fonction pour maitriser la consommation d'eau des bâtiments, collectivités, usines... Exemples de fonction : ouvrir ou fermer la conduite à une heure précise ; limiter le volume jounalier ; alerter en cas de surconsommation...

Thomas Blosseville 

Un dispositif qui produit de l'électricité à partir de la chaleur ou de la lumière

Fujitsu Laboratories a développé un dispositif qui produit de l'électricité à partir de la chaleur ou de la lumière. Destiné à alimenter des capteurs autonomes, il devrait être commercialisé en 2015.

Avec le développement des technologies de l'information, l'utilisation de capteurs, chargés de collecter des informations sur l'état d'un système (voiture, avion, corps humain, etc) et de les envoyer vers une base de données centralisée, se répand de plus en plus. Comme tout appareil électronique, ces capteurs ont besoin d'énergie pour fonctionner. Or, comme ils sont alimentés par des fils électriques, leur multiplication entraînera celle de ces derniers, ce qui peut poser des problèmes d'encombrement. Il est possible de supprimer ces câbles en ayant recours aux technologies de communication sans fil, l'alimentation électrique étant assurée par des batteries. Cependant, ces dernières ont une durée de vie limitée et doivent donc être régulièrement remplacées. Cette opération est coûteuse et n'est pas réalisable lorsque les capteurs sont localisés dans des endroits difficilement accessibles.

Pour résoudre ce problème, la recherche s'oriente vers le développement d'appareils totalement autonomes, qui fonctionnent en récupérant l'énergie ambiante (la chaleur, les vibrations, la lumière, etc.). Celle-ci n'est néanmoins pas toujours accessible en permanence sous une même forme, si bien qu'il est souvent nécessaire de combiner différents systèmes de récupération pour assurer une continuité dans l'alimentation. Ceci entraîne une augmentation du coût des dispositifs.

C'est pourquoi Fujitsu a développé une structure unique (voir figure ci-dessus) capable d'exploiter deux sources d'énergie. Elle est constituée de deux groupes de semi-conducteurs organiques, l'un donneur, l'autre accepteur. Ceux-ci sont reliés entre eux par deux circuits parallèles, l'un permettant de produire de l'électricité par conversion de l'énergie lumineuse, l'autre par l'exploitation d'un gradient thermique. Les deux circuits ne peuvent être sollicités simultanément.

Conversion des vibrations en électricité

Le professeur UENO Toshiyuki de l'Université de Kanazawa a conçu un générateur de petite taille qui produit de l'électricité à partir de vibrations. Selon le chercheur, sa densité de puissance, de 22 mW/cm3, est vingt fois supérieure à celle des générateurs de ce type développés jusqu'à présent.

Le principe de fonctionnement du dispositif repose sur la propriété de magnétostriction inverse. La magnétostriction est la capacité d'un matériau à se déformer sous l'effet de la variation d'un champ magnétique. Inversement, une déformation du matériau modifie sa susceptibilité magnétique (c'est-à-dire capacité à s'aimanter) et donc le champ magnétique dans lequel il se trouve. Le professeur UENO utilise du galfenol, un alliage de fer et de gallium développé par la marine américaine pour améliorer la sensibilité des sonars, et qui possède cette propriété.

L'appareil développé par le chercheur mesure 2 mm x 3 mm x 12 mm. Il est constitué d'un aimant et de deux bâtonnets parallèles de galfenol, autour desquels est enroulée une bobine de fil conducteur. Une extrémité des deux bâtonnets est fixe, l'autre est attachée à un poids mobile. Lorsque le poids oscille, il exerce alternativement une pression sur un des bâtonnets et une tension sur l'autre, entraînant leur déformation. La variation du champ magnétique qui en résulte induit un courant électrique dans la bobine. Dans les conditions de l'expérience, le professeur a ainsi réussi à obtenir une puissance maximale de 1,56 mW pour une fréquence de vibration de 357 Hz.

Le professeur a choisi d'utiliser le galfenol, une première pour ce genre d'application, du fait de sa ductilité, qui le rend facile à usiner. De plus, sa température de Curie (température au-delà de laquelle il perd son aimantation spontanée) élevée (700°C) permet un fonctionnement dans un grand intervalle de température (-200°C à +200°C). Le dispositif peut donc être utilisé dans des environnements qui subissent de fortes variations de température. Il est ainsi envisageable de l'utiliser par exemple pour alimenter les capteurs de pression à l'intérieur des pneus.

Un brevet unique pour l'Europe ?

La Commission européenne vient de présenter une proposition de façon à créer un brevet unique pour les Etats membres. Pour l’heure, les coûts de validation et de traduction des brevets handicapent considérablement l’Europe par rapport aux Etats-Unis.

La proposition de la Commission européenne permettrait aux Etats membres qui le souhaitent de déposer un brevet avec une seule demande, valable dans tous les pays. Les coûts très importants qu’entraînent actuellement les validations nationales puis les traductions des brevets ont un effet dissuasif sur la recherche européenne.

En effet, pour valider un brevet, l’inventeur doit demander la validation de chaque pays où il souhaite le voir protégé et pour que cette demande soit étudiée, il faut bien entendu que le brevet soit traduit. Un investissement très important que ne peuvent se permettre de réaliser la majorité des concepteurs. A titre d’exemple, à l’heure actuelle, pour valider un brevet européen auprès de 13 Etats membres de l’UE, il faut envisager 18.000 euros dont 10.000 de traduction. Précisément 10 fois plus qu’aux Etats-Unis où un dépôt de brevet revient à 1.850 euros.



La Commission cherche donc à faire avancer ce projet de brevet européen qui ne fait pas l’unanimité. Les problèmes rencontrés concernent notamment les exigences linguistiques de ce brevet. A priori, les brevets examinés pourraient être validés en anglais, en français et en allemand. Pour les inventeurs ne parlant aucune de ces trois langues, les frais de traduction (dans la langue de leur choix) seraient remboursés.

A l'heure actuelle, "seules les riches entreprises peuvent se payer ce luxe", a déclaré Michel Barnier. Le Commissaire européen au Marché intérieur poursuit : "La Commission propose que certains Etats membres puissent avancer sur le brevet unique, et j'espère qu'à terme, tous les Etats membres adhéreront à ce nouveau système. Quoi qu'il en soit, les entreprises ne seront pas discriminées : elles pourront demander un brevet de l'UE aux mêmes conditions, quel que soit leur pays d'origine”, rapporte le site Goodplanet.

Pour le moment, douze Etats membres sont impliqués dans ce projet : le Danemark, l’Estonie, la Finlande, la France, l’Allemagne, la Lituanie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne, la Slovénie, la Suède et le Royaume-Uni. Avec le texte sur le brevet unique, la coopération renforcée est mise en place pour la deuxième fois. Ce système permet à neuf Etats membres ou plus de prendre des dispositions tout en laissant la possibilité aux autres Etats de les rejoindre plus tard.

MESURES SENSORIELLES : ALPHA M.O.S SE POSITIONNE SUR L’ENVIRONNEMENT

Bien implantée dans le secteur de l’agroalimentaire, la société Alpha M.O.S, spécialisée dans les instruments intelligents de mesures sensorielles (nez, langue et œil électroniques), oriente ses applications vers l’environnement, notamment avec le lancement de la « Solution RQ Box Anywhere » (nez électronique pour le contrôle continu des émissions d’odeurs et de polluants gazeux).
Avec l’ambition de se positionner sur le marché de l’environnement, Alpha M.O.S lance la « Solution RQ Box Anywhere » (nez électronique pour le contrôle continu des émissions d’odeurs et de polluants gazeux). La société vient également de signer un contrat majeur en Chine pour l’installation du premier réseau « cleantech » d’analyse en ligne des odeurs et des toxiques industriels.

De l’agroalimentaire à la défense 


Créée en 1993 sur le développement d’instruments intelligents de mesures sensorielles, la société réalise la moitié de son chiffre d’affaires dans le secteur de l’agroalimentaire. Sa dernière innovation, de l’« Iris Visual Analyzer » (le 1er oeil électronique au monde), est d’ailleurs dédiée à l’analyse visuelle et sensorielle de produits agroalimentaires complexes. Mais Alpha M.O.S est également présent sur les marchés de la parfumerie et cosmétique, du secteur pharmaceutique (goût des médicaments) ou encore de la sécurité et de la défense (gaz de combat par exemple). « Pour tous les domaines d’application, le même logiciel est utilisé. Chaque secteur nécessite seulement une phase des d’apprentissage de ses caractéristiques propres  » explique Jean-Claude Mifsud, PDG fondateur d’Alpha M.O.S.

Un positionnement sur le marché de l’environnement 


Pour l’avenir, la société souhaite se positionner fortement sur le marché de l’environnement. Au dernier salon Pollutec, début décembre à Lyon, Alpha M.O.S présentait la « Solution RQ Box Anywhere », basée sur la technologie de nez électronique pour le contrôle continu des émissions d¹odeurs et de polluants gazeux. « L’environnement constitue notre grand axe de développement stratégique. Tiré notamment par la demande des pays émergents en matière de contrôle de la qualité de l’air, ce secteur est voué à supplanter celui de l’agroalimentaire dans notre chiffre d’affaires » annonce Jean-Christophe Mifsud.

Trois filiales à l’étranger 


Parallèlement, Alpha M.O.S poursuit son développement à l’international. Forte de 3 filiales à l’étranger (Etats-Unis, Chine et Japon), avec laboratoire, équipes de vente et support, la société réalise seulement 10 % de son chiffre d’affaires en France. « Nous sommes actuellement engagés, aux Etats-Unis, dans une collaboration avec les autorités pour le contrôle des produits marins après les pollutions issues de la marée noire dans le Golfe du Mexique. Pour l’instant, le montant des contrats passés avec les différents États s’élève à plus d’un million d’euros. Et ça va continuer » indique Jean-Christophe Mifsud.

Vers la normalisation des perceptions sensorielles 


Autre chantier : celui de la normalisation. « Aujourd’hui, il n’existe pas de normes autour des perceptions sensorielles. Comment définit-on ce qu’est un bon café, par exemple ?  » interroge le PDG d’Alpha M.O.S. « Alors que chaque société développe ses propres outils, des efforts sont actuellement réalisés pour standardiser ces perceptions. Ce processus est plutôt avancé dans le secteur des céréales notamment. Au niveau européen aussi, les choses commencent à avancer ».

vendredi 17 décembre 2010

L'avenir passe par les TIC quelque soit le secteur industriel

En 2032, les technologies de l'information et de la communication auront investi les produits et services proposés à la consommation. Une opportunité financière qui attirera de nouveaux acteurs industriels.

Les technologies de l'information et de la communication seront intégrées à presque tous les produits d'ici... 2032. C'est la date fixée par Detecon International pour imaginer à quoi ressemblera le monde dans un futur un peu plus lointain que celui envisagé par la plupart des instituts de recherche habituellement. Selon les analystes, cela ne fait aucun doute : le secteur high-tech représentera à ce moment là la colonne vertébrale de l'économie et de l'industrie. Et ce, quelque soit les domaines. Les transports, l'énergie, l'habitat, le secteur médical ou encore les produits du quotidien changeront radicalement. Les auteurs de l'étude précisent toutefois que cela se fera de façon hétérogène, selon les zones géographiques.

De nouveaux acteurs sur le marché des télécommunications

Les spécialistes estiment ainsi qu'une forte demande en terme d'innovation devrait se faire ressentir du côté de l'Asie tandis que la production technologique trouvera ses marques vers l'Est. Parallèlement à cette accélération du développement de l'industrie des TIC, deux bouleversements majeurs modifieront en profondeur le paysage du secteur des télécommunications en 2032. La première : "la désintégration verticale de l'industrie des télécommunications, particulièrement dans les systèmes d'infrastructures et le développement de services", expliquent les spécialistes. En d'autres termes, "les entreprises seront en compétition avec des acteurs non traditionnels", peut-on lire dans l'étude.

Services dans les nuages et infrastructures au premier plan

Des adversaires spécialisés "dans différentes parties de la chaîne de production des télécommunications", et qui leur imposeront de reconsidérer leur propre business. La seconde : "l'intégration horizontale de nouvelles valeurs industrielles". Pour ce faire, les services proposés par les opérateurs vont tendre vers ceux d'autres industries. Ce qui devrait d'un côté attirer d'autres clients mais aussi imposer aux entreprises de travailler avec des fournisseurs partenaires, habituellement non sollicités. 

Et les analystes de conclure : "l'avenir appartient aux sociétés technologiques qui auront choisi une intégration horizontale tournée vers le développement de services dans les nuages et de leurs infrastructures".